Le verbicruciste
Portrait d’un métier de niche
Découvrez l’envers du décor et l’expertise de d’un verbicruciste, artisan des mots qui conçoit vos grilles avec passion depuis plus de 18 ans.
Depuis l’apparition de la première grille de mots croisés en 1913, un métier discret perdure dans l’ombre : celui de verbicruciste. Souvent confondu avec le cruciverbiste, celui qui résout les grilles à la plage, dans le métro ou dans un bon fauteuil, le verbicruciste est celui qui les fabrique.
Le métier de verbicruciste, c’est quoi exactement ?
Éditeur de presse, imprimeur ou fournisseur de contenu, vous trouverez chez Fortissimots un verbicruciste professionnel, spécialiste des jeux pour la presse, qui réalisera des grilles prêtes à publier dans vos journaux, magazines, jeux-concours ou applications mobiles.
- Les mots fléchés : grilles très populaires, où les définitions sont courtes et logées dans les cases noires. Le défi est ici la concision.
- Les mots croisés : le « noble art », où les définitions sont déplacées en dehors de la grille. C’est ici que le verbicruciste peut exprimer toute sa créativité avec des définitions longues et originales.
Généralement, ce métier s’exerce en indépendant. Les professionnels collaborent avec la presse, des magazines spécialisés ou des maisons d’édition. C’est un vrai métier, dans la mesure où la création d’une grille peut demander plusieurs heures de travail, même avec l’aide d’un logiciel.
Y a-t-il une formation pour devenir verbicruciste ?
À ce jour, il n’existe aucun diplôme ni cursus universitaire permettant de devenir verbicruciste. C’est sans doute l’un des derniers métiers où l’on ne trouve que des autodidactes avec des parcours professionnels liés aux lettres, à la linguistique, au journalisme ou aux mathématiques. Cependant, il exige un bagage culturel et technique très solide :
- Une culture générale encyclopédique : pour nourrir les définitions, il faut pouvoir naviguer entre l’histoire, la géographie, les sciences, le sport et la culture populaire.
- Une maitrise absolue de la langue française : connaitre l’orthographe, les nuances de sens et les étymologies est indispensable.
- Un gout certain pour les mathématiques : la construction d’une grille, où les possibilités de croisement des mots sont limitées, est grandement facilitée par des compétences en logique et en probabilités.
À quoi reconnait-on un bon verbicruciste ?
Un bon verbicruciste doit d’abord créer une grille où le nombre de cases noires reste raisonnable et où les mots placés ne sont ni trop simples ni trop difficiles ;
il cherche ensuite la définition originale qui va faire travailler les neurones du cruciverbiste. Les critères de qualité d’une bonne grille de mots croisés sont :
- Le style et l’humour : le verbicruciste est un farceur. Il joue sur l’analogie, la polysémie et les doubles sens. Il pourra ainsi définir « périmètre » par « Il fait le tour de la figure » ou « pat » par « Nul aux échecs ».
- La structure élégante de la grille : une belle grille comporte peu de cases noires. Plus les mots longs s’entrecroisent, plus le travail est jugé remarquable. Pour cela, il faut éviter les mots qui vont réduire les probabilités de trouver ensuite d’autres mots à entrecroiser. Attention donc aux Q, W, X, Y, Z, par exemple !
Comment réalise-t-on une grille de mots croisés ou fléchés ?
La création d’une grille suit un processus rigoureux, en plusieurs étapes :
- Le choix du thème (optionnel) : pour certaines grilles spéciales, le créateur choisit une thématique comme le cinéma ou la gastronomie. Il commence alors par créer une liste de mots thématiques à placer en priorité : c’est le « thésaurus ».
- La construction de la grille : le verbicruciste place d’abord le premier mot horizontal puis le premier mot vertical. C’est ce qu’on appelle la « potence » où il est d’usage de placer les définitions les plus astucieuses. Ensuite c’est le remplissage, étape la plus mathématique : il faut progresser vers le bas de la grille, en privilégiant les mots thématiques, en choisissant les mots les plus élégants et en évitant les mots de 2 lettres, toujours trop fréquents et appelés « chevilles ».
- La rédaction des définitions : c’est l’étape ultime et le vrai cœur du métier. C’est ici que le métier prend tout son sens littéraire. Il faut aussi adapter le niveau de difficulté au public visé. Pour les mots fléchés, les définitions sont plus courtes, donc les jeux de mots sont plus condensés.
Le métier est-il menacé par l’IA ?
La question est légitime. Il existe déjà des générateurs automatiques capables de produire des grilles correctes en un temps limité. Ce ne sont pourtant que de simples algorithmes pré-programmés mais l’arrivée de l’intelligence artificielle pose désormais la question de l’avenir des concepteurs humains.
Pourtant, le métier semble résister pour une raison essentielle : le supplément d’âme.
L’IA peut être très utile pour le remplissage d’une grille, mais elle peine encore à égaler l’humain sur la rédaction des définitions, car elle aura tendance à donner les définitions littérales du dictionnaire, mais se révéler totalement incapables de créer des jeux de mots savants, des clins d’œil à l’actualité ou des doubles sens subtils basés sur l’ironie ou l’humour. L’IA n’est pas faite pour mettre délibérément le joueur sur une fausse piste, alors que c’est la compétence première qui est recherchée chez le verbicruciste !
En 2026 l’IA ne remplace pas (encore) le talent de l’auteur. Ce métier de niche du verbicruciste possède une dimension humaine irremplaçable.
Qui se cache derrière Fortissimots ?
Derrière le pseudonyme de Fortissimots se cache David Poncet, un ludographe et verbicruciste professionnel qui exerce depuis 21 ans en toute indépendance.